Avec un Parc des Princes (encore vierge de toute dénomination commerciale) bien rempli malgré les intempéries (pluie, vent et Frédéric Thiriez), le PSG (13è de ligue 1) recevait le leader Auxerre, qui restait sur une série de 7 matches gagnés, ce qui ne lui était pas arrivé depuis 25 ans. Le PSG restait lui sur un seul match gagné...lors des 7 derniers matchs. Les statistiques et la superstition étaient du côté des Parisiens puisque depuis 10 ans les Auxerrois n'avaient gagné à Paris que 2 fois en 10 ans et que l'équipe qui avait clos leur invincibilité en 1983 n'était autre que ... le PSG.
On sait que les problèmes de Paris cette année sont le suivants:
1) Un manque de réalisme lorsque l'équipe a des temps forts;
2) Une défense friable, lors des temps faibles, qui a encaissé au moins
un but par match (sauf contre Lille) et souvent dans le dernier 1/4h;
3) Des titulaires blessés au mauvais moment et dans chaque ligne:
Erding et Hoarau (attaque), Camara (défense) et hier Coupé (gardien);
4) D'autres titulaires qui n'ont pas un rendement régulier: Sessegnon, Giuly, Luyindula, Armand, Clément, Ceara, Makelele;
5) Un banc insuffisant au regard du standing de Paris: Traoré, Sankharé, Maurice, Ngoyi.
Si la possession du ballon est équilibrée sur l'ensemble du match (50% pour chacun), il semble, malgré tout, que les Bourguignons ont eu quasiment 1h de maitrise offensive, contre 30mn pour le PSG.
Ainsi, Auxerre, qui avait annoncé venir sans pression et profiter de leur bonne forme, décide de ne pas fermer le jeu et, dès la 7è minute, Niculae, seul face à Coupet, perd son duel, mais n'est pas loin d'assommer le PSG qui, comme à son habitude, se laisse dominer au lieu de marquer son territoire. Le joueur roumain remet çà, à la 32è minute, sur un caviar de Contout qui lui fait une passe devant le but vide, mais il rate son tir et un but tout fait. Un peu comme il y a 2 ans, lors d'un match décisif pour les Parisiens qui luttaient pour ne pas descendre, Niculae rate son match contre Paris, alors qu'il aurait pu marquer 2 buts.
Et le PSG? Il ne se réveille qu'à la 20è minute sur une reprise de volée déviée de Sessegnon. Cette légère domination débouche sur un coup-franc et un corner pour les Parisiens, mais pas d'occasions comparables à celle d'Auxerre.
La première vraie occasion parisienne ne vient finalement qu'à la 51è minute avec le défenseur Auxerrois Coulibaly qui manque de tromper son gardien avec une belle tête piquée qui rase ses buts.
En étant optimiste, on peut se dire que le PSG fait jeu égal avec le leader de la Ligue 1, d'autant que certains joueurs semblent retrouver leur niveau, comme Armand qui n'hésite pas à monter aux avant-postes, chose qu'il ne faisait plus depuis la saison dernière.
En étant pessimiste, on peut trouver que ce score vierge doit plus à la maladresse des visiteurs qu'à la valeur défensive parisienne.
Finalement, au cours d'un rare période de domination parisienne, Sessegnon finit par ne pas gâcher ses velléités offensives en passant justement à Ceara (encore un qui apporte un peu plus offensivement que d'habitude) qui centre pour la tête piquée de Clément qui marque pour le PSG, à la 67è minute.
Un moment décisif se situe 2 minutes plus tard lorsque Sakho tacle Contout aux abords de la surface. Même s'il semble qu'il y avait pénalty, pour une fois qu'un arbitre assistant déjuge l'arbitre de champ et prend un rare initiative, il faut souligner ce fait. Après, on proposerait bien de rejouer le match, mais bon...
Plus rien ne se passe, à part les habituelles maladresses parisiennes de Sessegnon ou Luyindua qui ratent, comme d'habitude, des buts immanquables et des tentatives avortées des Auxerrois, dangereux jusqu'à la dernière seconde.
A la 85è minute, Coupet, qui avait décidé ne pas tenter des sorties aériennes pendant tout le match, sort un peu mollement pour éviter un corner et se blesse tout seul. Résultat; probablement 3 mois d'absence, avec opération pour fracture de la cheville.
En conclusion, le match a bien tourné pour Paris, mais aurait très bien pu tourner à l'avantage des Auxerrois, s'ils avaient été mois maladroits.
A part Clément, buteur et combatif, Armand et Ceara qui retrouvent leurs accents offensifs, le reste de l'équipe était par trop irrégulier.
Quant à Kombouaré, toujours une fâcheuse tendance à sortir Giuly au bout d'1 heure, au lieu de sortir Luyindula, le roi des beaux gestes techniques inachevés, au profit de Jallet, sacrifié hier.
Le prochain match étant chez Boulogne, les 19è du classement ce mercredi, la logique voudrait que Paris consolide sa (modeste) remontée au classement, en remportant une 2è victoire, d'autant que se profile ensuite une mission impossible, aller jouer à Bordeaux.
Dimanche dernier, en gagnant 4-1 à Sochaux, le PSG avait mis fin à une longue période de disette puisqu'il n'avait pas gagné depuis le 30 août. Cette victoire avait aussi permis de passer de la 14è place à la 10è place.
L'objectif en recevant Nice, qui occupait justement cette 14ème place, consistait donc à confirmer cette victoire, un peu comme un break au tennis validé par le gain de son service. Avant le déplacement très chaud (pour ne pas dire fiévreux) à Marseille, prendre des points n'aurait pas été inutile:
- D'autant que ... les Azuréens semblaient plus faciles à battre que Lyon il y a quelques semaines;
- D'autant qu' ... Erding, le porte-chance du PSG cet été avait effectué une rentrée correcte à Sochaux;
- D'autant que ... certains remplaçants à Sochaux (Chantôme, NGoyi) avaient montré qu'il fallait compter sur eux;
- D'autant que ... le PSG n'avait pas encore perdu au Parc des Princes cette année
- Sauf que... le PSG ne sait toujours pas être décisif et touche du bois puisqu'Erding place une tête sur le poteau (55è), Giuly (68è) tire sur la transversale malgré un tir puissant;
- Sauf que ... les Parisiens n'ont mis du rythme qu'en début et fin de match, laissant les Niçois mollement prendre le jeu à leur compte;
- Sauf que ... les remplaçants sont revenus à leur médiocrité habituelle puisque Chantôme, quelconque, sort sur blessure (60è) et que NGoyi ou Sankharé ont été ou transparents ou d'une maladresse technique digne d'une CFA;
- Sauf que ... les Parisiens ne savent pas tirer des coups-francs ou des corners dignes de ce nom;
- Sauf que ... le PSG a pris son habituel but en contre dans le dernier quart d'heure, dans la zone d'Armand (aussi comme d'habitude);
- Sauf que ... Sessegnon a alterné les gestes audacieux et les pertes de balle indignes de son talent, qui font que son bilan est encore une fois mitigé et laisse une impression d'inachevé;
- Sauf que ... Traoré et Makélélé ont montré l'étendue de leur lenteur et n'ont dû qu'à la maladresse des attaquants niçois de ne pas avoir été plus tôt punis;
- Sauf que ... tant que les Parisiens ne comprendront pas qu'ils sont les plus dangereux quand le porteur de ballon décale un partenaire qui est en mouvement (n'est-ce pas Luyindula) et pas quand ils restent collés contre leurs défenseurs adverses;
Une lueur d'espoir?
- Le bon comportement offensif de Jallet;
- Le retour progressif d'Erding;
- Celui de Camarra pour effacer Traoré, voire Armand
Seule satisfaction