Malgré le début des frimas et un spectacle proposé tardivement dans le week-end, le Parc était assez rempli (40 000 spectateurs, selon l'Equipe / 36 000, selon le PSG).
En accord avec les 10 Commandements du journaliste sportif attaché au PSG ou à l'OM, un PSG qui perd 2 fois de suite est en crise, alors qu'un PSG/OM qui gagne 2 fois de suite (ou qui gagne le Clasico PSG/OM et pas PSG/Red Star) est en marche pour titiller Lyon (juste titiller, pas espérer remporter la Championnat, bien sûr).
De ce fait, le PSG qui restait sur 2 défaites consécutives à 1-0 contre Toulouse et à Nice, se devait de gagner pour espérer rester dans le 1er tiers du classement. Quant à se demander si la place de Le Guen était menacée en cas de défaite, pas de danger; la victoire tirée par les cheveux au stade Vélodrôme suffisait à lui donner un blanc-seing pour 2009, comme l'a confirmé Bazin, l'actionnaire riant et semble-t-il tellement compétent en matière de football.
Bref, face à l'ogre lillois qui restait sur 9 matches de suite sans défaite (bon, d'un autre côté, même avec cette invicibilité, Lille n'était pas non-plus classé dans les 5 premiers) et Paris qui n'était pas franchement dominateur sur ces terres (3 matches gagnés pour 2 perdus), il était prématuré de crier "Ici, c'est Paris". D'ailleurs, il est à remarquer que cette devise n'est souvent chantée qu'à l'issue du match gagné et rarement pendant le match, vu que le PSG ne gagne cette année ses matches que par un but d'écart. Pour se rassurer, on pouvait aussi ressortir les statistiques qui indiquaient que Lille n'avait pas gagné à Paris depuis 1976 (çà change de Lorient ou de l'OM).
Question organisation, on était retourné dans un schéma 4-4-2, avec Traoré comme invité vedette en tant qu'axial droit (en remplacement de Sakho au purgatoire?) et Giuly, comme attaquant de pointe, avec Hoarau comme point d'appui. Si le placement de Traoré était assez classique, la place de Giuly interpellait puisque d'habitude il était positionné comme milieu offensif droit. Comme Giuly manque clairement de caisse cette année (à l'opposé d'un Pirès qui s'éclate à Villaréal), l'idée était, je suppose, de profiter de son caractère offensif, tout en lui évitant de se replacer défensivement. Avec son petit gabarit, on avait plutôt l'impression d'un poste de pivot en handball avec Hoarau, dans le rôle d'un Karabatic. En tout cas, Kezman était encore remplaçant, alors qu'un duo d'attaque est supposé mieux lui convenir.
Bref, çà commençait assez mal puisque, dès les premières minutes, Camara et Traoré effectuaient des mauvais dégagements et Lille manquait de marquer rapidement. Ainsi, pendant le 1er 1/4h, Lille dominait franchement et s'enfonçait assez facilement dans la défense parisienne, laissant les milieux Clément et Sessegnon, inaptes à s'interposer.
Puis, lentement, sans qu'on sache pourquoi, le PSG s'organisait et Lille, même s'il ne reculait pas, était moins dangereux et ratait l'avant-dernière ou dernière passe décisive.
A la 18è, la tendance s'inversait puisque Giuly marquait...sur une position de hors-jeu, donc refusé justement.
Au bout de 30 minutes, Lille commençait même à reculer, ce qui valait quelques sifflets du public qui ne comprenait pas pourquoi les nordistes avaient peur des parisiens: en fait, Lille ne faisait qu'obéir qu'à la logique classique en L1 qui veut qu'un match nul à l'extérieur est l'objectif cherché de tout entraineur. Evidemment, au bout de 30 min, c'éait quand même un petit peu prématuré.
Donc, alors que le PSG commençait à bouger un peu plus, Giuly profitait d'une déviation de Hoarau, le roi des remiseurs (sauf que pendant ce match, mis-à-part celle-ci, il a raté toutes ses têtes en étant devancé par les défenseurs lillois) et d'un contre-défensif raté de Rami, pour récupérer la balle comme un renard et la glisser dans le but vite: un vrai but de pivot de hand!
Au retour des vestiaires, on se dit alors que Lille va vouloir égaliser et être un peu plus offensif: eh bien non! C'est même Armand qui, avec un relais avec Rothen, s'avançait dans la surface et tirait...du pied droit (il est gaucher) au dessus de la cage.
Au bout de 60 minutes, on sent quand même que Paris aura du mal à marquer et que défensivement on va se retrouver à la situation précaire de début de match, d'autant que Clément, suivant sa bonne habitude, fait des passes courtes en retrait et rate ses passes vers l'avant, alors que Sessegnon a de bonnes intentions mais rate le dernier geste. Comme pour Le Guen, le coaching, c'est faire des changements poste pour poste à la 85e minute (à la manière du grand maitre Domenech), on se doute que conserver la victoire sera compliquée.
A la 66è minute, Lille fait un changement d'attaquant et, miracle, Le Guen fait de même: moralité, le breton têtu veut bien faire des changements mais seulement si c'est l'autre qui a commençé. Ainsi, Giuly sort et est remplacé par Kezman qui a 20 mn pour prouver qu'il est l'attaquant qu'on attend, c'est pratique comme méthode de mise en confiance, non? Malgré tout, en l'espace de 2 min, le Serbe a deux occasions, qu'on pourrait taxer de quasi-décisives, dont une où, seul à l'entrée de la surface, il enlève trop sa frappe.
A la 79è minute, on est dans l'indicible puisque, sorti de nulle part, Traoré dribble 1 puis 2 puis 3 puis 4 Lillois, avant de perdre logiquement la balle. Un peu, comme quand Mendy réussissait un centre ou marquait un but (ou comme Charly Corridon et son unique but dont tout supporter se souvient), le public scande son nom pendant de longues secondes.
Autre miracle, Le Guen effectue un changement, non pas poste pour poste, mais remplace un milieu offensif/défensif Sessegnon pour un attaquant Luyindula? En fait, pas franchement un miracle, mais plutôt une réponse au fait que Lille fait rentrer 2 joueurs offensifs, on appellera çà du coaching de réaction ou du coaching contrarié.
Luyindula, rentré pour 5 minutes, a une activité offensive intéressante tandis que Lille est, à la dernière minute, sur le point d'égaliser sur une percée, mais finalement le match s'arrête sur cette victoire minimale habituelle. On peut y aller avec "Ici, c'est Paris"...